Sourire enfant classe-ILa relation classe I correspond à une relation normale entre les 2 mâchoires. Il n’y a pas de décalage antéropostérieur. Les traitements orthodontiques de la classe I nous apportent plusieurs points pertinents, dans certains cas.

Les avantages de l’occlusion de classe I

Ces éléments se présentent sous la forme de 3 plans. :

  • sur le plan statique, le point positif provient d’un engrènement qui bloque les dents avec l’aide de contacts cuspides/ fosses ou cuspides/embrasures,
  • sur le plan dynamique, des forces équilibrées et parallèles au grand axe des dents des secteurs latéraux,
  • sur le plan cinématique : l’orientation de la mandibule dans les mouvements de latéralité. Cela concerne les dents qui possède une racine solide. Ces dents ont la particularité de posséder de nombreux capteurs desmodontaux dont le but d’informer les centres moteurs sur l’intensité des forces et la direction des mouvements. Elle permet aussi de vérifier la présence de structures d’échappement des cuspides d’appui – embrasures et fosses – de morphologies adaptées et orientées dans le sens du mouvement.

La mise en place d’une classe I canine et d’une protection canine est une méthode qui peut être privilégiée par l’orthodontiste. Pour le praticien, c’est le procédé le plus facile pour mettre en place une désocclusion des secteurs postérieurs en latéralité et de prévenir le risque d’interférence postérieure du côté non travaillant.

Les limites de la classe I

La «fonction de groupe», caractérisée par des contacts équilibrés et bien répartis en latéralité du côté travaillant est réellement fonctionnelle, cependant elle est plus compliqué à mettre en place pour l’orthodontiste. Et cela même si la protection canine constitue une manière simple d’éviter des interférences du côté non travaillant. Cela constitue sa principale limite.
Le courant de pensée orthodontique dit «de la réhabilitation neuro occlusale», inspiré par les travaux de Planas, défend l’idée d’une occlusion de type balançant avec des contacts du côté travaillant et non travaillant. Pour les défenseurs de cette approche orthodontique, la classe I canine n’est pas un critère essentiel et à l’inverse, une protection canine «trop forte» avec une pente canine trop abrupte à pour conséquence un grand abaissement mandibulaire. Ce dernier aurait pour conséquence de compromettre la santé du système stomatognatique en réduisant les possibilités d’excursion mandibulaire. Elle serait responsable du faible développement transversal des arcades dentaires et sagittal de la mandibule.

Une autre limite provient des certaines canines qui présentent une morphologie fine et acérée. Elle ne laissent pas la place pour un guidage canin en relation de classe I.
En latéralité, le versant distal de la canine mandibulaire frôle le versant mésial de la canine maxillaire sans établir de contact. Les deux versants présentent une concavité au lieu de la convexité habituelle.

Une dernière limite qui est la plus récurrente et la plus analysée, est celle de la dysharmonie dento-dentaire par excès mandibulaire ou par défaut maxillaire, souvent en lien avec la réduction du diamètre des incisives latérales maxillaires. Elle est calculée par l’indice de Bolton et a longtemps mal prise en compte dans le diagnostic orthodontique.

Elle impose un compromis entre trois options :

  • une classe I canine avec la persistance de diastèmes maxillaires
  • une classe II canine modérée, sans diastème
  • une réduction amélaire des dents mandibulaires.

Chacun des paramètres de la décision – exigence esthétique du patient, forme des incisives, sensibilité à la carie – devra être évalué et un débat doit être engagé entre le patient, le chirurgien-dentiste traitant et l’orthodontiste.
L’objectif fonctionnel, cinématique, doit prévaloir sur la vision statique. Il est à noter qu’une classe II canine modérée est rarement un obstacle à une protection canine efficace.

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