Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil et place de l’orthodontie

Syndrôme d’Apnées Obstructives du SommeilL’orthodontie a un rôle important dans la manière de traiter l’apnée du sommeil ou le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil.
Il existe trois types de troubles respiratoires du sommeil : l’apnée obstructive du sommeil, l’apnée centrale du sommeil et l’apnée mixte du sommeil. Chacun de ces types présente des caractéristiques distinctives qui permettent de réaliser le diagnostic.

Nous allons donc traiter d’un des trois types de troubles respiratoires du sommeil, celui des apnées obstructives du sommeil.

Elles sont définies chez l’adulte par une diminution de plus de 90 % du flux aérien pendant au moins dix secondes. Chez l’enfant, les apnées sont également définies par une diminution de plus de 90 % du flux aérien mais pendant deux cycles respiratoires.

1. Le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil de l’enfant (saos)

Il existe une manière de quantifié l’importance de ces troubles. Cela se fait par la mesure de la fréquence des événements respiratoires par heure de sommeil. Cet indice est appelé Index d’Apnées Hypopnées (IAH).
Il est possible de mesurer cet index du sommeil de l’enfant grâce à une polysomnographie (PSG), cet index est considéré comme :

  • léger si l’IAH est compris entre 1 et 5,
  • modéré si l’IAH est compris entre 5 et 10,
  • important si l’IAH est supérieur à 10 événements.

2. Origines de la pathologie

Les orthodontistes doivent travailler avec les médecins, les ORLs, les pédiatres,…

Dans la plupart des cas, un Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil est lié à une insuffisance du développement de la filière naso-pharyngée.
D’un point de vue orthodontie, c’est la partie orthopédique de cette insuffisance de croissance que nous allons traiter. Le reste de cette pathologie  modifie la forme ou l’épaisseur des tissus mous. Pour la traiter, il est nécessaire d’établir des collaborations avec d’autres types de praticiens pour soigner cette partie de la pathologie.

Qu’est-ce qu’il se passe concrètement ?

Voici les différentes étapes :

  • La langue au repos comme au cours de nombreuses fonctions vient s’appuyer contre le palais.
  • Ceci écarte les deux maxillaires et outre l’accroissement palatin, ceci développe en largeur la filière nasale.
  • Si le nez est trop fréquemment bouché (otite, rhinites,…), la langue descend dans la bouche et ne joue plus son rôle moteur.
  • La croissance transversale maxillaire est insuffisante et la lumière nasale ne se développe pas suffisamment. L’enfant optera de plus en plus pour une ventilation orale, la croissance transversale sera insuffisante, etc.
  • La conséquence principale est que le palais devient creux et étroit.
  • Pendant le sommeil, la masse pulmonaire ne tracte plus l’arbre trachéal vers le bas. La filière devient molle.
  • Pendant l’inspiration la langue peut être aspirée vers l’arrière, et venir obstruer l’oropharynx : c’est l’apnée du sommeil. « L’enfant doit respirer à travers une tuyau mou et étroit » dit Guilleminault.
  • Pour ouvrir l’oropharynx, l’enfant bascule la tête en arrière pendant son sommeil, comme le font les secouristes pour effectuer un « bouche à bouche » pendant une réanimation.
    Cette action avance la langue et dégage l’oropharynx. En réaction, celui-ci tracte le menton vers l’arrière. Cette traction se fait la nuit pendant que l’enfant grandit, pendant l’action des hormones de croissance(GH).
  • Le développement vers l’avant de la mandibule est freiné, elle devient alors trop petite
  • La « boite à langue » grandit trop peu pour la langue qui elle continue à grandir.

3. Le diagnostic lors d’un Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil

Les signes à observer lors de l’interrogatoire du patient

Voici une liste non exhaustive des éléments à observer :

  • la journée : irritabilité au réveil, pâleur du visage, difficulté de concentration, hyperactivité, hyperlordose…
  • la nuit : ronflements, tête penchée en arrière, transpiration, sommeil agité, somniloquie, somnambulisme, cauchemars, énurésie, bruxisme.

Les examens

Le premier a réalisé est de type bucco-dentaire. Le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil peut être rencontré dans les cas de Classe I, de Classe II et de Classe III :

  • Chez l’enfant caucasien, le SAOS est plus souvent rencontré dans les cas de Classe II,
  • Chez l’enfant de type asiatique, il est plus souvent rencontré dans les cas de Classe III,
  • Chez le mélanoderme, le SAOS est également plus fréquent.

Comme nous l’avons évoqué plus haut, il est nécessaire de réaliser un autre examen celui de l’enregistrement du sommeil (PSG) dans le but de vérifier le diagnostic. Ce dernier est, normalement, confirmé par la PSG dans plus de 90 % des cas après l’examen buccal et l’interrogatoire des parents.

4. Pour l’orthodondiste, il faut prévenir

Il faut donc rétablir, le plus précocement possible dans la croissance de l’enfant, une bonne perméabilité naso-pharyngée pendant le sommeil.

  • Au maxillaire : une disjonction palatine rapide. Normalement, il faut de 8 à 12 millimètres d’expansion réalisée sur un mois :
    • 8 mm chez l’enfant de 3 à 6 ans,
    • 10 à 12 mm après 6 ans en fonction de l’âge.

Notons qu’il faut bien vérifier l’amélioration de la perméabilité nasale en obstruant une narine puis l’autre avec le pouce et en demandant à l’enfant de souffler par le nez.

  • A la mandibule : il faut avancer la mandibule pendant le sommeil.

 

Sources : www.lefildentaire.com et sfodf.org